On devient ce qu'on mesure
Ou le problème de l'optimisation de variable

Vous connaissez la différence entre avoir une bonne note en math et être bon en math ?

Pour le savoir, imaginez la situation suivante. Prenez un élève et récompensez le sur ses notes. Vous ne lui demandez pas d’être bon en math, vous lui demandez d’avoir des bonnes notes.

Que va-t-il faire à votre avis ? Il va chercher les bonnes notes, pas à être compétent.

Par exemple, en étudiant intensément au dernier moment, il pourra avoir une bonne note. Même si l’on sait qu’en bachotant, il va très vite oublier. Mais c’est pas grave parce qu’il cherche une bonne note, pas à être compétent.

C’est un problème récurrent et dans de nombreux sujets : on finit par confondre la mesure et le but de la mesure. Et le but finit toujours par en pâtir dans ce cas.

On retrouve la même situation entre la valeur (apportée par un projet) et la mesure de cette valeur.

C’est quoi la mesure de la valeur ? L’argent pour certains, un nombre de like ou le buzz pour d’autres. On se dit : “si mon projet a du succès, alors il a de la valeur”. On optimise la variable, et même pire, on devient accro à la variable. On la mesure, on attend qu’elle monte. Et puis, on finit par trouver des raccourcis qui font monter la variable. Aveuglément, on s’aperçoit que ça marche, alors on continue.

Loin de moi l’idée de ne rien mesurer. C’est la confusion qui est problématique. Une mesure est un indice, pas une fin en soi, c’est tout.

L’air de rien, on aura oublié au passage d’autres aspects. Des aspects non mesurables, plus subtils. Sans s’en rendre compte, on aura un peu manipulé, survendu, envahi l’espace des autres, démotivé des parties prenantes, fait du mal à quelques-uns, etc.

Un projet est fait de très nombreuses variables. C’est subtil. Tout est question d’équilibre. Finalement, gérer un projet ressemble plus à de la peinture impressionniste qu’à de l’hyper réalisme. Cela demande du recul, de savoir renoncer, d’accepter les pertes locales. Mais surtout, cela demande de l’humilité. Avoir 12 au lieu de 15 en math, c’est pas folichon. Avoir 500 au lieu de 1000 abonnés à son compte Facebook, il n’y a pas de quoi se vanter.

En revanche, on peut être satisfait de faire au mieux, d’apporter une valeur aux autres et d’éviter de faire du mal. On peut se satisfaire de comprendre réellement les maths, plutôt qu’avoir des bonnes notes. On peut se satisfaire d’être compétent en math plutôt que brillant aux yeux des autres.

Les projets constructifs (lire le Guide des projets constructifs) ont besoin de ce regard. Ce regard qui va au delà du court terme, au delà de l’optimisation locale et réductrice. Bref, un regard qui recherche du sens pour soi et les autres.

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