Ne vous occupez plus de vos oignons
Et trouvez des idées plus pertinentes

Voici la version podcastée de l'article (ou alors lisez l'article ci-dessous) :

La scène commence ainsi :

Non, là je ne suis pas dispo !
— Qu’est ce qu’il y a ?
— Ça fait deux heures que je n’arrive pas à monter ce meuble
— Ok, je regarde juste, je ne t’embête pas
— (Pensant à haute voix) Alors, je peux faire comme ça, mais ça bloque…
— Mais pourquoi tu ne ferais pas comme ça plutôt ?
—(Sans enthousiasme) Ah ouais, effectivement… C’est la solution…

C’est pas la fête !

On tire parfois une fierté à trouver la solution soi-même… Et bing, quelqu’un nous la siffle, et sans effort en plus. Autant passer à autre chose et oublier l’épisode déplaisant.

A moins qu’on puisse tirer un enseignement fécond de tout ceci.

Cherchez des solutions pour un ami, pas pour vous

Être détaché du problème semble porter ses fruits, alors c’est ce que nous allons faire.

Imaginez que vous résolviez le problème pour quelqu’un d’autre, plutôt que pour vous même
Art Markman, The Abstraction Method of Problem Solving

L’auteur s’appuie sur l’idée de distance psychologique (construal level theory) déjà évoquée ici.

Ailleurs, une étude de Laura Kray et Richard Gonzalez montre que les décisions sont meilleures, si on les prend pour un ami plutôt que pour soi.

Ok très bien. Alors on cherche des idées en s’imaginant que c’est pour quelqu’un d’autre ? Mais comment s’y prend-on ?

Exemple : un placard avec du scratch

Je vais vous donner un exemple.

Vous voudriez plus de place dans un placard et vous ne savez pas comment faire. Vous scénarisez alors le même problème, mais chez quelqu’un d’autre.

Voici le scénario. Même si ça parait bête, cela reste utile de le préciser, voire de l’écrire.

Camille veut plus de place dans son placard et ne sait pas comment s’y prendre. Visualisez bien la scène ailleurs, ce n’est pas chez vous, vous devez être détaché de ça.

Bim, inspiration, la solution arrive : ah, et si Camille mettait des scratchs sur certains objets plats, comme des ciseaux par exemple. En voilà une solution. Cela permettrait d’exploiter la place sur la porte du placard en y accrochant des objets.

Et maintenant, la grande question. Et ce que vous recommanderiez à cette personne, d’installer les scratchs. Oui, rappelez-vous, on prend de meilleures décisions quand on conseille quelqu’un d’autre.

Et boum : oui, vous le recommanderiez. C’est gagné, vous installez donc les scratchs dans votre placard.

La technique en 3 étapes

Voilà tout est là, vous voyez l’idée ? Il faut :

  1. scénariser le problème chez quelqu’un d’autre, en le décrivant, voire en l’écrivant
  2. vous détacher au maximum en visualisant le problème ailleurs, pour ne pas vous sentir concerné
  3. une fois l’idée trouvée, vous poser la question si vous recommanderiez cette idée à cette personne.

Schéma de la technique : résoudre en pensant à un ami

L’appliquer à soi-même, plus facile à dire qu’à faire

Mais votre cerveau peut vous rattraper. Il peut vous expliquer que dans votre cas, c’est vraiment une mauvaise idée. D’un coup, vous avez peur d’être jugé par les voisins, et vous gambergez sur les enfants qui pourraient abîmer les scratchs ou encore ci ou ça. Et badaboum, cette fois-ci vous abandonnez votre belle idée.

Mais que s’est-il passé ?

Selon l’étude de Laura Kray et Richard Gonzalez, on a tendance à minimiser l’important quand il s’agit de soi. Dit autrement, les détails de la vie quotidienne nous rattrapent. Ou selon Art Markman, c’est l’arbre qui cache la forêt. On se noie dans les détails, au lieu de comprendre l’ensemble et ce qui est important.

Appliquer vraiment sa solution

Voici la solution, si votre cerveau vous a démotivé. Jouez l’avocat du diable.

Voici brièvement ce que ça peut donner :

— votre-cerveau-qui-croit-tout-savoir : les voisins vont trouver cela ridicule
— l’avocat du diable : oui, mais peut-être qu’ils trouveront cela original ou bien qu’ils n’en auront cure
— votre-cerveau-qui-croit-tout-savoir : oui, mais les enfants vont tout abîmer
— l’avocat du diable : si c’est abîmé, on pourra le remplacer comme tout ce qui casse dans la maison

Et si ça ne marche toujours pas, rappelez-vous quels sont les critères les plus importants pour vous et essayez de les discerner du secondaire.

Vous avez saisi ? Ne laissez pas la sinistrose tout gâcher et vous empêcher d’agir. Il est des fois où il faut savoir abandonner, mais pas pour les mauvaises raisons.

Alors imaginez et lancez-vous à corps perdu dans votre créativité. En espérant que de belles choses en sortiront.

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Je m'appelle Nicolas Brun et je suis passionné par la créativité.

Sur Holographik, je propose régulièrement des articles sur le sujet. Les articles s'appuient sur des bases solides, tout en étant simple sur la forme.

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